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les brèves

Cours d'anglais à Marseille

Ajouté le 02/10/2007 - Auteur : maris

Bonjour

Les cours d'anglais que dispensent Everyday English à Marseille reprennent le lundi 1 octobre et pour le premier trimestre à Hispam, 62 chemin St Jean du Désert.

LUNDI : 18H30

MARDI : 12H30

MERCREDI : 14H30-15H30

15H30-17H-ETUDIANTS/INTERMEDIAIRE

16H30

JEUDI : 11H00

18H30

VENDREDI : 10H 30

Prix d’un trimestre : 110€

Inscriptions (l’année civile

See you soon,
Donna Faure

Everyday English

06 11 54 53 59 www.every-day-english.com  

 

 

 

 

 

20H - INTERMEDIAIRE 14H CONVERSATION SOUTIEN SCOLAIRE 17H30 ENFANTS à partir de 6 ans 12H30 FAUX DEBUTANT 20H FAUX DEBUTANT 12H00 INTERMEDIAIRE pour les nouveau membres) Everyday English : 10 € Hispam : 15€
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Reprise cours de langues : espagnol, portugais, fr

Ajouté le 02/10/2007 - Auteur : maris

Atelier de Traduction Portugais - Français

Ajouté le 02/10/2007 - Auteur : maris
 
Atelier de TRADUCTION
 
Vous vous intéressez à la TRADUCTION ?
Vous aimez la POESIE ?
Vous vous intéressez au BRESIL ?
 
Alors, venez participer à l’atelier de TRADUCTION de POESIE BRESILIENNE !
 
C’est l’occasion d’ APPRENDRE la langue portugaise (do Brasil !) par l’entrée de la poésie car il s’agit de :
-        LIRE à HAUTE VOIX et ECOUTER la langue des poètes modernes brésiliens du XXe siècle, et donc,
-        Repérer les SONORITES, la MUSICALITE de la langue portugaise (do Brasil !) ;
-        Identifier les STRUCTURES grammaticales de la langue grâce aux substantifs, pronoms, adjectifs, vocabulaire… de la langue portugaise (do Brasil !) ;
-        Se FAMILIARISER avec les CULTURES (do Brasil !) forgées par une histoire et des histoires, traditions et mythes d’origine indiennes, européennes, africaines aujourd’hui BRESILIENNES ;
Et aussi,
-        INVENTER la langue poétique française pour recevoir ce projet de manière cohérente
 
Le poète choisi s’appelle FERREIRA GULLAR, un des grands noms de la poésie moderne brésilienne, né dans l’état du Maranhão (Nordeste brésilien). Il vit actuellement à Rio de Janeiro.
 
Méthodologie : A partir du poème en portugais, la traduction se structure de la manière suivante :
-        1. lecture du texte à haute voix en repérant les accents toniques, les silences, les respirations pour approcher la LANGUE ORALE (do Brasil !) ;
-        2. la recherche lexicale et syntaxique (sous contrôle des personnes bilingues et de ceux qui connaissent le français et le portugais) ;
-        3. la mise en forme en français.
 
 L’atelier est animé par Ana Helena ROSSI, professeur de lettres modernes à Marseille, auteure d’un recueil de poésie édité à Marseille en avril 2006, nous la mémoire, et de pièces de théâtre mises en lecture.
Il est souhaitable, mais non PAS obligatoire que vous parliez le portugais. Si vous parlez l’espagnol-castillan (ou le comprenez), tout comme l’italien, le catalan, le provençal, le roumain, le galicien, le français… vous êtes évidemment des nôtres.
 
Cet atelier aura lieu les mardis de 16h15 à 18h15 ou les vendredis de 12h à 14h, une semaine sur deux à Hispam.
Début de l’atelier : mardi 30 janvier ou vendredi 2 février (sous réserve d’un nombre suffisant d’inscrits)
 
 
Voilà la proposition initiale de l’atelier de traduction : un cours de langue accouplé à la culture brésilienne, et surtout à la traduction poétique.
 
 
1) Qui est Ferreira Gullar ?
 
Allons par étapes, et tout d’abord qui est Ferreira Gullar ? Petit parcours d’initiation…
 
José Ribamar Ferreira Gullar naît à São Luís do Maranhão en 1930. Il écrit de la poésie depuis sa jeunesse. Il déménage à Rio de Janeiro au début des années 1950, et collabore avec la presse locale comme poète et critique d’art. Il publie A Luta Corporal en 1954, livre qui témoigne de son engagement dans le mouvement de la Poésie Concrète. A partir de 1957, il rompt avec ce mouvement et lance le livre Poemas. A partir de 1959, il publie Manifesto Neoconcreto, et dès 1961 il participe au Movimento de Cultura Popular. Il rentre au Parti Communiste en 1964. Parallèlement, il écrit du théâtre. En 1968, il est emprisonné et après une période de clandestinité, il quitte le Brésil pour l’exil politique en 1971. Il poursuit sa collaboration avec la presse sous pseudonyme. En 1975, son livre Dentro da Noite Veloz  est publié, et arrive au Brésil par l’intermédiaire du poète et chanteur Vinicius de Moraes son poème Poema Sujo sous forme d’enregistrement. En 1976, ses amis arrivent à faire publier le poème au Brésil, et l’auteur revient de son exil politique. Il publie en 1980, Na Vertigem do Dia et Toda poesia. Son poème Poema Sujo est adapté au théâtre. En 1992, il est nommé directeur de l’Institut Brésilien des Arts et de la Culture. En 2002, son nom est indiqué pour le prix Nobel de Littérature. Il reçoit de nombreux prix, le prix Molière (1985) pour la traduction de « Cyrano de Bergerac », les prix Jabuti de poésie brésilienne et Alphonsus de Guimarães, de la Bibliothèque Nationale (1999), les prix de la Fundação Nacional do Livro Infantil e Juvenil, et de l’International Board on Books for Young People (2003), les prix de la Fondation Conrad Wessel de Sciences et Culture (catégorie littérature), le prix Machado de Assis pour l’ensemble de son ?uvre (2005).
Source : portalliteral.terra.com.br/ferreira_gullar/ (site offciel du poète)
 
 
 
2) Pourquoi Ferreira Gullar ?
 
Le choix porté sur Ferreira Gullar s’explique par sa place dans la poésie brésilienne (eh oui ! Au Brésil, on ne fait pas que danser ! non ! non) Il s’agit d’un poète contemporain, donc, c'est de la poésie d’aujourd’hui même si cet « aujourd’hui » me paraît toujours difficile à qualifier. Ensuite, il s’agit d’un poète dont la vie est liée aux cinquante dernières années de l’histoire politique brésilienne, pan de l’histoire à laquelle ma propre biographie est également liée. Donc, une reconnaissance, une proximité, voire une familiarité par rapport aux thèmes développés dans sa poésie. Du point de vue poétique, Ferreira Gullar EXPERIMENTE (en lettres majuscules) magnifiquemnet les multiples langues brésiliennes au Brésil, les multiples portugais dans le portugais, et a construit son parcours à partir d’un ensemble d’expériences d’écriture. En cela aussi je me reconnais dans Ferreira Gullar, à savoir sa démarche d’EXPERIMENTATION en rapport avec la langue poétique.
 
3) Corpus de textes
 
Concrètement, le choix s’est porté sur l’ouvrage suivant : Ferreira Gullar, Melhores poemas, seleção Alfredo Bosi[1], Global Editora, 1983. Ce livre est une sélection des poèmes de Ferreira Gullar, et de ses expérimentations poétiques. Ainsi, dix-sept poèmes du recueil qui illustrent ses différentes phases poétiques :
1)     A luta corporal (1950/1953) : « Nada vos oferto », « Os jogadores de dama », « O abismo da verdura » ;
2)     O VIL METAL (1954/1960) : « Ocorrência », « O escravo »
3)     poemas concretos/neoconcretos (1957-1958) : « Mar azul », « A bomba suja », « Não há vagas », « No mundo há muitas armadilhas », « O açúcar », « Maio 1964 », « Notícia da morte de Alberto da Silva », « No corpo »
4)     POEMA SUJO (1975): « Quantas tardes numa tarde »
5)     na vertigem do dia (1975/1980) : « Morte de Clarice Lispector », « Traduzir-se », « Arte poética ».
 
Nous avons travaillé les quatorze premiers poèmes, pas forcément dans l’ordre, ni dans leur totalité. La dynamique de traduction s’est attachée à observer la langue-source, le portugais, le brésilien, dans sa prosodie et dans son lexique. Plus tard, s'est posée la question de la prosodie en langue française. Introduire cette étape dans le travail de traduction sera l’objet du prochain atelier de traduction poétique.
 
 
4) Les poèmes traduits : quelques mots
 
Au départ, le souhait de présenter l’ensemble de la démarche de traduction menée dans l’atelier de traduction poétique, ce qui signifiait présenter les différentes versions des textes. Ce choix n’a pas été retenu, les participants ayant préféré montrer leur dernière mouture. C’est donc l’ensemble des textes présentés ci-dessous. De même, les traductions sont signées, et la comparaison permettra de faire ressortir les « choix de traduction », n’oubliant pas que ces choix ont été soumis à un questionnement au cours de l’atelier. Ces multiples « choix » permettent d'approcher le « projet de traduction ».
 
 
5) Traduction et écriture poétique
 
Cet atelier, j’avais envie de le mettre en pratique depuis un certain nombre de mois. Et le concours de circonstance a joué… comme bien souvent. Par l’intermédiaire d’une amie, j’ai connu Hélène Paz, et ensuite Maristella Vasserot, la présidente de Hispam, à qui j’ai fait ma proposition d’animer un atelier de traduction poétique, ce qui a été accepté avec enthousiasme.
Mon merci, donc, très chaleureux à Maristella et à Hispam.
 
Cet atelier, je l’ai conçu et proposé comme une continuité en relation avec mon travail de poétesse, qui place la traduction à l’épicentre de l’activité d’écriture, et permet de passer d’une langue à une autre, de conjuguer des univers culturels, linguistiques en relation intime les uns avec les autres. Dans ce sens, mon travail de traductrice s’inscrit dans une continuité avec mon travail de poétesse. Traduire de la poésie et écrire de la poésie constituent des activités relativement proches. Mon objectif est d'approfondir et de dégager ces liens. 
Mon écriture poétique se pose au-delà des frontières, et de nationalités, puisque le pays de la poésie est de l’ordre du langage que je créé au fur et à mesure de mes poèmes, pour souligner, comme le clâme Henri Meschonnic dans son recueil Nous le passagele silence dans la mémoire, ou la mémoire dans le silence. Ainsi, le travail d’écriture passe par la lecture de la poésie des aînés, pour saisir la forme imprimée sur la page, et le sens/la forme de leur poésie ; tout cela me nourrit.
 
En quoi « traduire » m’aide à « écrire » ? « Traduire » implique lire puisque quad on traduit, on lit, de manière à appréhender les strates de la langue. On écrit parce qu’on lit, ou lit-on parce qu'on écrit? Je ne saurai dire ce qui vient en premier. Ecrire signifie lire, et lire passe par traduire pour appréhender le langage poétique dans ses profondeurs et son intimité. D’où l’importance de lire, en langue originale ainsi que les traductions dans les langues que je maîtrise correctement, et même celles que je maîtrise un peu moins.
Au fur et à mesure du cisaillement de ma langue poétique, se pose donc avec force la traduction déclinée comme une lecture privilégiée de la poésie. La lecture-traduction ou la traduction-lecture s’opère à plusieurs niveaux : et dans la langue-source, et dans la langue-cible. Mon choix est de me trouver sur les deux en même temps, et de bannir ces frontières.
 
La lecture était donc un des enjeux de l’atelier. 
La dynamique s’impose peu à peu, et l’adhésion profonde vient avec le temps. Peu à peu se dessine un « axe de traduction » » chez chacun des participants. Ces axes apparaissent au cours des questionnements sur les « choix du traducteur ». De même, la confrontation des différentes « trouvailles » sont fondamentales pour faire ressortir ces projets de traduction. Un des enjeux de l’atelier : saisir les « choix montrer les projets de traduction en oeuvre, la saisir le « choix » de traduction à l’?uvre.
Et sur ce particulier, il est fondamental d’expliciter le projet de traduction, comme le soulignait Antoine Berman dans L’Epreuve de l’Etranger, (Gallimard) car c’est dans l’explicitation des choix de traduction sur des exemples précis que l’on fait émerger des « façons de faire », procédure personnelle d’une grande régularité, et surtout ébauche du projet de traduction.
 
La deuxième étape passe par la définition du sens de ces « choix » pris non plus de manière isolée, mais restitué dans un référent/paradigme, en somme, le projet de traduction.
 
La troisième étape est de comprendre ses « choix de traduction », labeur basé sur la confrontation des savoir/connaissances/pratiques autour de la traduction. De cette étape émergera un « projet de traduction » cohérent.
 
Car on traduit aussi (et surtout) avec son passé, ses tripes, sa biographie, ses envies, ses douleurs, et pour cela aussi traduire signifie l'acte d'écriture. Voilà pourquoi, expliciter ces infimres « choix de traduction » était mon v?u le plus cher, atteint au-delà de mes espoirs, et en très peu de temps.
 
Je reste persuadée que les deux participants, André et Françoise étaient, tous deux, murs pour cette démarche. Là-dessus, on improvise rarement. Leurs contributions, et surtout la régularité de leurs « choix » m'ont montré que la démarche était correcte. Dans ce sens, l'atelier est aussi un moment pour expliciter ce qu'on est, et ce pourquoi on parle à la langue pour se parler à soi.
 
Merci à eux.
 
 
Ana Helena Rossi
Avignon, août 2007
 

 
 
 
 
Dans la logique de l’atelier de traduction poétique, nous présenterons les poèmes dans l’ordre de leur élaboration. Ainsi, nous présenterons tout d’abord le texte original du poète Ferreira Gullar, suivi des versions définitives de André, Françoise, ainsi que de moi-même.

 
 
Poème n°1 :
A luta corporal
Ferreira Gullar
 
Nada vos oferto
além destas mortes
de que me alimento
 
Caminhos não há
Mas os pés na grama
os inventarão
 
Aqui se inicia
uma viagem clara
para a encantação
 
Fonte, flor em fogo,
que é que nos espera
por detrás da noite ?
 
Nada vos sovino:
com a minha incerteza
vos ilumino
 
Calco sob os pés sórdidos o mito
que os céus segura – e sobre um caos me assento.
Piso a manhã caída no cimento
como flor violentada. Anjo maldito,
 
(pretendi devassar o nascimento
da terrível magia) – agora hesito,
e queimo - e tudo é desmoronamento
do mistério que sofro e necessito.
 
Hesito, é certo, mas aguardo o assombro
com que verei descer de céus remotos
o raio que me fenderá no ombro.
 
Vinda a paz, rosa-após dos terremotos,
eu mesmo juntarei a estrela ou a pedra
que de mim reste sob os meus escombros.
 
Neste leito de ausência em que me esqueço
desperta o longo rio solitário:
se ele cresce em mim, se dele cresço,
mal sabe o coração desnecessário.
 
O rio corre e vai sem ter começo
nem foz, e o curso, que é constante, é vário.
Vai nas águas levando, involuntário,
luas onde me acordo e me adormeço.
 
Sobre o leito de sal, sou luz e gesso :
duplo espelho – o precário no precário.
Flore um lado de mim? No outro, ao contrário,
de silêncio em silêncio me apodreço.
 
Entre o que é rosa e lodo necessário,
passa um rio sem foz e sem começo.
 
 
 

 
 
Je ne vous offre rien
Traduit par Ana Helena Rossi
 
Je ne vous offre rien
au-delà de ces morts
qui me nourrissent
 
Pas de chemin,
Mais les pieds sur l’herbe
les inventeront
 
Ici commence
un voyage clair
vers l’enchantement
 
Source, fleur en feu,
qu’est-ce qui nous guette
au-delà de la nuit ?
 
Je ne vous soustrait rien :
vec mon incertitude
je vous illumine
 
Je calque sous les pieds sordides le mythe
que soutiennent les cieux – et sur un chaos je m’assois.
Je foule la matinée tombée dans le ciment
telle une fleur violentée. Ange maudit,
 
 
(j’ai voulu dévoiler la naissance
de la terrible magie) – maintenant, j’hésite
et brûle – et tout est effondrement
du mystère dont je souffre et ai besoin
 
J’hésite, il est vrai, mais j’attends l’épouvante
avec laquelle je verrai descendre de cieux lointains
la foudre qui me fendra à l’épaule.
 
La paix venue, rose- suite aux tremblements de terre,
moi-même, j’assemblerai l’étoile ou la pierre
qui, de moi, demeure sous mes décombres.
 
Dans ce lit d’absence où je m’oublie
s’éveille le long fleuve solitaire :
s’il grandit en moi, si je pousse en lui,
à peine le c?ur inutile le sait.
 
Le fleuve court et va sans début
ni embouchure, et le cours qui est constant, est multiple.
Il va emporte dans les eaux
des lunes où je m’éveille et m’endors.
 
Sur le lit de sel, je suis lumière et plâtre :
double miroir - le précaire dans le précaire.
Un côté de moi fleurit ? Dans l’autre, au contraire,
de silence en silence, je pourris.
 
Parmi ce qui est rose et vase nécessaire,
passe un fleuve sans embouchure, ni début.
 
 
 
 
La lutte corporelle
Traduit par André Navari
 
 
Je ne vous offre en rien
au delà de ces morts
dont je me nourris
 
Il n’y a pas de chemins,
mais les pieds dans l’herbe
les inventeront.
 
Ici commence
un voyage clair pour l’enchantement.
 
Source, fleur en feu,
Qu’est-ce qui nous attend
Derrière la nuit ?
 
Je ne vous blesse en rien,
avec mon incertitude
je vous illumine
 
Je foule sous les pieds sordides le mythe
qui soutient les cieux – et sur un chaos je m’assois
Je marche sur une matinée tombée dans le ciment
comme une fleur violentée. Ange maudit,
 
(j’ai voulu pénétrer la naissance
de la magie terrible) – maintenant j’hésite,
et je brûle – et tout est effondrement
du mystère dont je souffre et j’ai besoin.
 
J’hésite, il est vrai, mais j’attends l’épouvante
avec laquelle je verrai descendre de cieux lointains
la foudre qui s’abattra sur mon épaule.
 
Venue la paix, rose d’après les tremblements de terre,
moi, je réunirai l’étoile ou la pierre
qui gît sous mes décombres.
 
Dans ce lit d’absence d’où je m’oublie
s’éveille le long fleuve solitaire :
s’il grandit en moi, si je nais de lui,
le c?ur inutile ne le sait même pas.
 
Le fleuve coule et va sans début
Ni embouchure, et son cours, est constant, multiple.
Involontaire, il s’en va, emporte dans ses eaux,
des lunes où je m’éveille et je m’endors.
 
Sur le lit de sel, je suis lumière et gypse :
double miroir – le précaire dans le précaire.
Que fleurisse un de mes flancs ? Dans l’autre, au contraire,
de silence en silence je pourris.
 
Parmi ce qui est rose et limon nécessaire,
passe un fleuve sans embouchure et sans commencement.
 
 

 
Poème n°2
 
Os jogadores de dama
Ferreira Gullar
 
Se te voltas, a verdura esplende O rosto dos homens se
perdeu no chão das ruas Dura, nas folhas, o sol sem
tempo
 
Voa com o pássaro a solidão do seu corpo Somos arames
estendidos no ar de um pátio que ninguém visita Vamos,
o que sempre há, e não cessa, é o tempo soprando no
tempo A orelha dobrada sobre o som do mundo
 
ninguém sabe em que território de fogo e sob que nuvens
os homens arquejam e pendem entre os clarões da poeira
um rosto dourado e cego
 
nem em que tarde das tardes as derradeiras aves des-
ceram para a terra
e um vento desfez seu corpo !
 
 



 
 
Les joueurs de dame
Traduit par Ana Helena Rossi
 
Si tu reviens, la verdure resplendit Le visage des hommes
se perdit sur le sol des rues Dure, sur le feuillage, le soleil sans
temps
 
Avec l’oiseau s’envole la solitude de son corps Nous sommes des fils
tendus dans l’air d’une cour que personne visite Partons,
ce qu’il y a toujours, et ne finit, c’est le temps à souffler dans
le temps L’oreille repliée sur la rumeur du monde
 
nul ne sait dans quels territoires de feu et sous quels nuages
les hommes se voûtent et pendent parmi des éclairs de poussière
un visage doré et aveugle
 
ni en quel soir des soirs les ultimes oiseaux des-
cendirent sur terre
et un vent défit son corps.
 
 
 
 
 
 
Les Joueurs de dames
Traduit par André Navari
 
Si tu te retournes, la verdure resplendit Le visage des hommes
s’est perdu dans le sol des rues Il demeure dans les feuilles, le soleil intemporel
 
Un oiseau s’envole avec la solitude de son corps Nous sommes des fils
tendus dans l’air d’une cour que personne ne visite Partons,
ce qu’il y a toujours, et ne finit, c’est le souffle du temps
dans le temps L’oreille pliée sur le bruit du monde
 
nul ne sait en quel territoire de feu et sous quels nuages
les hommes essoufflés et penchent parmi les lueurs de poussière
un visage doré et aveugle
 
ni en quel soir des soirs les derniers oiseaux
descendirent sur la terre
et un vent défit son corps !
 
 
 
 
Les joueurs de dame
Traduit par Françoise Lima
 
Si tu te tournes, la verdure resplendit Le visage des hommes s’
est perdu dans le sol des rues Dans les feuilles, dure, le soleil
infini
 
Avec l’oiseau s’envole la solitude de son corps Nous sommes des fils
tendus en l’air d’une cour que nul ne regarde Allons,
ce qui est toujours là, et ne cesse, c’est le temps qui souffle dans
le temps L’oreille repliée sur le bruit du monde
 
nul ne sait en quels territoires de feu et sous quels nuages
les hommes essoufflés inclinent entre lueurs de poussière
un visage doré et aveugle
 
ni en quel soir des soirées les oiseaux retardataires des-
cendirent vers la terre
et un vent défit son corps !
 

 
Poème n°3
O abismo da verdura
Ferreira Gullar
 
Já na grama atual, é verde a luz destes cabelos, o brilho
das unhas ; vegetal, o pequeno sol do sorriso. Nada reterá
a figura do corpo, que só a palavra, o seu secreto clarão,
ilumina; ou a alegria do exercício.
 
Movo-me, aqui; mas, largado, resseco num deserto que
a pura luz dos barulhos edifica ; onde o azul é faminto,
céu contumaz, descido nos meus pés como um corvo.
 
Aqui sentou-se o som, o opaco, som ; aqui ? lugar de
vento ! ; e a luz sentada, a luz ! tempo mais ar mais ar e ar e
ar ; aqui, tempo sentado ; não sopra, não, me escondo,
a cor me gasta.
 
Varre, varre, não disseste, varre, e dentro dos olhos,
onde a morte se inveja; e o medo menor que fende a
nuca – vacilas, cravejado, sobre instantâneo chão
feérico; varre, mas a nossa pele já se estende, velha,
entre um campo áspero de esferas.
 
Fora, é o jardim, o sol – o nosso reino.
Sob a fresca linguagem, porém,
dentro de suas folhas mais fechadas,
a cabeça, os chavelhos reais de lúcifer,
esse diurno.
 
Assim é o trabalho. Onde a luz da palavra
torna à sua fonte,
detrás, detrás do amor,
ergue-se para o morte, o rosto.
 
O mito nos apura
em seus cristais.
 
 
Os ventos que enterramos
não nos deixam.
Estão nos castigando
com seu escuro fogo.
 
A altura em que queimamos
o sono
estabelece o nosso inferno
e as nossas armas.
 
Chão verbal,
campos de sóis pulverizados.
As asas da vida aqui se desfazem
e mais puras regressam.
 
O mar lapida os trabalhos
de sua solidão.
 
A palavra erguida
vigia
acima das fomes
o terreno ganho.
 
Sobre a poeira dos abraços
construo meu rosto
 
Entre a mão e o que ela fere
o pueril sopra seu fogo
 
Oficina impiedosa !
Minha alquimia
é real
 
 
 
 
 
 
L’Abîme de la verdure
Traduit par Ana Helena Rossi
 
Déjà dans l’herbe actuelle, est verte la lumière de ces cheveux, la brillance
des ongles ; végétal, le petit soleil du sourire. Rien ne retiendra
la figure du corps, que seul le mot, sa secrète clarté,
illumine ; ou la joie de l’exercice.
 
Je me déplace, ici ; mais, délaissé, je dessèche dans un désert que
la pure lumière des bruits édifie; où l’azur est afamé,
ciel contumace, descendu à mes pieds comme un corbeau.
 
Ici s’assit le son, l’opaque, son ; ici ? siège du
vent ! ; et la lumière assise, la lumière ! temps plus air plus air, et air et
air ; ici, temps assis ; ne souffle pas, non, je me cache,
la couleur me dépense.
 
Balaie, balaie, n'as-tu pas dit, balaie, et dans les yeux,
où la mort se jalouse ; et la peur moindre qui fend la
nuque – tu vacilles, cloué, sur l’instantané sol
féerique ; balaie, mais notre peau déjà se tend, vieille,
dans un âpre champ de sphères.
 
Au-dehors, c’est le jardin, le soleil – notre royaume.
Sous le frais langage, cependant,
dans ses feuilles les plus refermées,
la tête, les cornes royales de lucifer,
ce diurne.
 
Ainsi est le travail. Où la lumière de la parole
revient à sa source,
derrière, derrière l’amour
se dresse vers la mort, le visage.
 
      Le mythe nous épure
dans ses cristaux.
 
      Les vents que nous enterrons
ne nous quittent.
Ils nous châtient
avec leur sombre feu.
 
      La hauteur d’où nous brûlons
le sommeil
établit notre enfer
et nos armes.
 
      Parterre verbal,
champs de soleils pulvérisés.
Les ailes de la vie ici se défont,
et plus pures reviennent.
 
La mer lapide les travaux
de sa solitude.
 
La parole dressée
guette
au-dessus des faims
le terrain gagné.
 
Sur la poussière des étreintes
je construis mon visage
 
Entre la main et ce qu’elle blesse
le puéril souffle son feu
 
                 Impitoyable machinerie !
Mon alchimie
est réelle
 
 

 
L’Abîme de Verdure
Traduit par André Navari
 
Maintenant dans l’herbe présente, elle est verte la lumière des cheveux, l’éclat
des ongles ; végétal, le petit soleil du sourire. Rien ne retiendra
la figure du corps, que seule la parole, sa lueur secrète,
illumine ; ou la joie de l’exercice.
 
Je me déplace, ici; mais, perdu, desséché dans un désert que
la lumière pure des bruits édifie; où l’azur est affamé,
ciel obstiné, descendu à mes pieds comme un corbeau.
 
Ici il s’assoit le son, l’opaque, son ; ici ? lieu de
vent ! et la lumière assise, la lumière ! temps plus air plus air et air et
air ; ici , temps assis, il ne souffle pas, non, je me cache,
la couleur me lasse.
 
Balaie, balaie, tu n’as pas dis, balaie et dans les yeux,
où la mort s’envie; et la moindre peur qui fend
la nuque – tu hésites, planté, sur un sol instantané
féerique ; balaie, mais notre peau déjà se tend, vieille,
dans un champ rugueux de sphères
 
Dehors c’est le jardin, le soleil – notre royaume.
Sous le langage frais, mais,
dans ses feuilles plus fermées,
la tête, les cornes réelles de lucifer,
ce diurne.
 
Ainsi est l’ouvrage. Où la lumière du mot
retourne à sa source,
derrière, derrière l’amour,
se lève pour la mort, le visage
 
Le mythe nous épure
dans ses cristaux.
 
Les vents que nous enterrons
ne nous laissent pas.
Ils sont nous châtiant
avec leur feu obscur.
 
A l’intensité dans laquelle nous avons brûlé
le sommeil installe notre enfer
et nos armes.
 
Sol verbal,
Champs de soleils pulvérisés.
Les ailes de la vie ici se délitent
Et plus pures reviennent.
 
La mer lapide les oeuvres
De sa solitude.
 
La parole dressée
veille
au dessus des faims
le terrain gagné.
 
Sur la poussière des étreintes
je construis mon visage
 
Entre la main et ce qu’elle blesse
le puéril souffle son feu
 
Laboratoire impitoyable
mon alchimie est réelle.
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Frida Kahlo par Frida kahlo

Ajouté le 02/10/2007 - Auteur : maris

Frida Kahlo par Frida Kahlo
Ecrits
Choix, prologue et notes de raquel Tibol

Frida peintre, Frida engagée, Frida malade, Frida amoureuse des hommes mais aussi des mots : c'est ainsi que l'artiste mexicaine apparaît dans ce recueil de textes, composé surtout de lettres, signés de sa main. Elle porte un regard intimiste sur trente années de sa vie, de 1922 à 1954, s'adressant à nombre de personnages publics tels Diego Rivera bien sûr, mais aussi le compositeur Carlos Chavez, le poète Carlos Pellicer, Abby Rockefeller, Ella et Bertram D. Wolfe ou encoire Nikolas Murray.
L'écriture de Frida Kahlo fait écho à sa peinture et apporte un éclairage nouveau sur ce que l'on connaît de sa vie. Un séjour à Paris en 1939 est l'occasion de quelques attaques acerbes adressées au Surréalisme et à ses représentants. Elle porte aussi un regard sévère sur l'Europe au lendemain de la guerre d'Espagne et n'épargne ni les "Ricains" ni leur pays ("Grigoland"), où elle s'est si souvent languie du Mexique.

Traduit de l'espagnol (Mexique) par Christilla Vasserot.

http://www.christianbourgois-editeur.fr  ISBN 978-2-267-01935-3

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Les Belles Latinas - Littératures latino-américain

Ajouté le 02/10/2007 - Auteur : maris
LES BELLES LATINAS : mettent à l’honneur les littératures latino-américaines contemporaines
 
Manosque, mercredi 10 oct. - 18 h 30
Jean-Paul Delfino (France) - Ana Helena Rossi (Brésil)
Les Correspondances et l ’Association Solidarité Provence Amérique du Sud (ASPAS)
Fondation Carzou : 7-9, bd Elemir Bourges, 04100 Manosque.
Tél. 04 92 72 75 81.
 
Arles, jeudi 11 octobre - 18 h 30
Rafael Menjívar Ochoa (El Salvador) et son traducteur Thierry Davo
Collège des Traducteurs d’Arles / ASPAS
Espace Van Gogh 13200 Arles.
Tél. 04 90 52 05 50.
 
La Ciotat, mercredi 17 octobre - 18 h
Laura Alcoba - Nestor Ponce (Argentine)
Librairie Au Poivre d'Âne / Assoc. Le grand portique / ASPAS
12, rue des Frères Blanchard 13600 La Ciotat
Puis projection en présence des auteurs du film Tatuado (Argentine, 2005) de Eduardo Raspo
Cinéma Lumière, pl. Evariste Gras.
Tél. 08 92 68 09 75
 
Marseille, jeudi 18 octobre - 18 h 30
Jordi Soler (Mexique), Laura Alcoba, Nestor Ponce (Argentine).
Asso. Libraires à Marseille (avec Prado-Paradis) / ASPAS
Brasserie Les Danaïdes, 6, square Stalingrad 13001 Marseille.
Tél. 04 96 12 43 42.
 
Lire en fête à Marseille, samedi 20 octobre - 14 h
Luiz Ruffato (Brésil) - Jean-Paul Delfino (France).
Asso. Libraires à Marseille / ASPAS
Parc Chanot Rond Point du Prado.
Tél. 04 96 12 43 42.
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Baux Mambo ! Samedi 29 septembre septembre 2007

Ajouté le 27/09/2007 - Auteur : maris
BAUX MAMBO!
Samedi 29 Septembre 2007

Lorsque les rythmes endiablés de DIABLOSON résonneront sur les parois rocheuses des carrières du Val d’Enfer... L’ambiance risque d’être ensorcelante. Car la magie des soirées cubaines sera aussi recréée par l’univers minéral de la Cathédrale d’Images…
 
L’EVENEMENT DE LA RENTREE DU FESTIVAL DES ALPILLES
CATHEDRALE D’IMAGES -  29 SEPTEMBRE – 20 H

 
Le spectacle se présente en deux temps : une première partie traditionnelle mettant en scène des instruments et percussions acoustiques pour nous faire revivre l’influence africaine de la musique latine.  La deuxième partie met l’accent cette fois sur l’énergie et la danse. Percussions, cuivres, voix, tout enflamme l’auditoire, et le faire bouger aux sons des rythmes brûlants du continent latino-américain.
Onze musiciens d’Amérique Latine pour une diable de bonne soirée…
présentée  par Ernesto CONCHA, animateur de radio,  et DJ
 http://www.salsapaca.com/septembre_2007.htm

La Provence, terroir d’accueil et d’excellence, se devait d’accueillir ces Musiques de la terre latine.  Les Confiseurs de la Vallée des Baux (SIOVB) feront déguster leurs dernières productions d’olives cassées après la projection du clip humoristique « MAMB’OLIVE »
 
BILLETTERIE : à l’entrée et FNAC – CARREFOUR – GEANT
OFFICES DU TOURISME : LES BAUX 04 90 54 34 39 – EYGUIERES 04 90 59 82 44
FONTVIEILLE 04 90 54 67 49 – ARLES MUSIQUE 04 90 96 59 93
Détails et photos  www.festivalpilles.com - tél 04 90 54 85 65 – 06 24 62 02 65
EXPOSITION CUBAINE : « ACONCHA » - 27- 29 septembre
Exposition des Musées des Baux
Hôtel de Manville (Mairie des Baux-de-Provence)
 
 
 

Juan Carlos Lecompte, époux d'Ingrid Betancourt à

Ajouté le 26/09/2007 - Auteur : maris
JUAN CARLOS LECOMPTE, le mari d’Ingrid Betancourt sera à MARSEILLE le samedi 29 septembre 2007
 
A 16h, rencontre avec le public autour de la sortie de son livre «  Au nom d’Ingrid » en version poche ; dédicace. Forum de la FNAC (Entrée libre).
 
 
Partenariat : FNAC, Fédération française Ingrid Bétancourt et otages colombiens, Association « otages du monde », Association Hispam.

La semaine noire de Marseille

Ajouté le 26/09/2007 - Auteur : maris
 
INVITATION
 
A

 

LA SEMAINE NOIRE

de Marseille

16-30 septembre 2007

à la Friche Belle de Mai, à la BMVR Alcazar,

sur le cours Julien, à Septèmes, au cinéma Les Variétés, à la LIBRAIRIE L'ECAILLER

La SEMAINE NOIRE 2007 est une manifestation littéraire organisée par l’association L’écrit du sud en partenariat avec La

Friche Belle de Mai, la bibliothèque municipale à vocation régionale (BMVR Alcazar), la librairie L’écailler, les éditions

L’écailler, les Terrasses du Polar, l’Espace Ecureuil, les villes de Marseille et de Septèmes-les-Vallons, ainsi que l’Instituto de

México et le Secrétariat des Relations Extérieures Mexicaines, avec également la participation des Films du Tambour de

Soie, du cinéma Les Variétés, du Quai du Rire.

La « Semaine Noire » a été créée en 2006, elle se déroule durant la deuxième

quinzaine du mois de septembre. Elle se compose de trois axes directeurs : une

résidence d’auteur de roman noir, un « jumelage noir » avec une ville étrangère et

une grande fête du polar réunissant plusieurs dizaines d’auteurs, incluant les

« Terrasses du Polar » ainsi que plusieurs rencontres et projections publiques.

 

la résidence d’auteur

Le participant est un auteur de roman noir ou policier de renommée nationale ou internationale. En

2006 Didier Daeninckx a ouvert cette opération, pour 2007, c’est Noël Simsolo (*) qui est l’invité de

L’écrit du Sud et de la Friche Belle de Mai.

La résidence d’auteur de L’écrit du Sud souhaite donner à l’ensemble de la « filière noire » marseillaise et

régionale (auteurs de romans policiers, éditeurs, décideurs culturels, etc) l’occasion et le temps de

rencontrer un auteur de renommée, extérieur à notre région. Il s’agit aussi de permettre à cet auteur une

immersion dans notre ville, en l’aidant s’il le souhaite à produire un texte issu de cette résidence.

Des rencontres, qu’elles soient formalisées ou informelles, des cafés littéraires, des tables rondes, des

repas pris en commun, seront les moyens de cette rencontre entre un auteur et le tissu littéraire

marseillais concerné par le roman noir.

L’auteur en résidence est logé à la « Villa » de la Friche Belle de Mai.

noël simsolo - photo EDS

(*) Noël Simsolo est né le 31 août 1944. Comédien (« Alice ou la dernière fugue », de Chabrol, « Les

héroïnes du mal », de Borowczyk, « Rosa la rose, fille publique », de Vecchiali, « Autour de minuit »,

de Tavernier, « Je suis né d’une cigogne », de Gatlif, etc) il a multiplié les petits rôles tout en

s’intéressant de près au cinéma comme auteur. Spécialiste du film noir, il a écrit sur Sergio Leone, sur

Clint Eastwood, sur Alfred Hitchcock, sur Fritz Lang. Mais c’est comme auteur de polars pour ados et

préados (la série des Edgar Flanders) et comme auteur de romans policiers qu’il trouve le mieux sa

définition. Noël Simsolo, profitant de sa résidence marseillaise, a invité pour une soirée son

camarade Jean-Pierre Mocky.

 

le « jumelage noir »

Inauguré par la venue à Marseille de deux auteurs de Glasgow en 2006 (Suhayl Saadi et Jonathan

Charley) le « jumelage noir » organisé par L’écrit du Sud sera cette année l’occasion pour les lecteurs

marseillais de rencontrer deux auteurs de Mexico, Juan Hernandez Luna et Eduardo Monteverde (*)

Comme pour la résidence, le lieu privilégié de ce « jumelage » est la Friche Belle-de-Mai, à la fois pour

l’hébergement et une partie des interventions publiques. La volonté est de tisser des liens internationaux

dans le domaine du « noir ». De faire de Marseille une des capitales mondialement reconnues de cet

univers littéraire extrêmement représentatif de nos sociétés contemporaines.

juan hernandez luna – photo EDS

(*)

Juan Hernandez Luna est né en 1962. « Filleul » de Paco Ignacio Taïbo II, a obtenu avec

pour le puma

nouveau en 2007 pour « Cadaver de ciudad ». Parfois drôle, voire truculent, toujours extrêmement

mélancolique, si ce n’est désespéré, Luna donne de « l’âme mexicaine » une vision à la fois joyeuse

et terrible. Il a publié deux romans chez l’éditeur marseillais L’écailler (« Naufrage » et « Fausse

lumière » dans la collection L’Atinoir) et un autre, « Le corbeau, la blonde et les méchants » est sorti

chez L’Atalante. Homme de lettres, d’une manière ou d’une autre, Luna vit à Mexico mais il est le

meilleur guide de la ville de Puebla.

Eduardo Monteverde a plusieurs vies à son actif : chroniqueur de faits divers, navigateur, médecin. Il

a publié plusieurs romans et essais au Mexique ; en France on trouvera « Almagro dans ses brumes »,

une (en)quête initiatique publiée à L’écailler (traduction Jacques Aubergy).

Du tabac(L’Atalante) le prix Hammet 1997 décerné au festival international de Gijón, puis à

eduardo monteverde – photo l’atinoir

trois – three – tres – tre – drei

les « terrasses du polar »

Pour sa 7

encore. Outre le rendez-vous septémois du samedi 29 (à partir de 17h), voici le déroulement de la

manifestation du dimanche 30 septembre sur le cours Julien :

- 11h à « La Baleine qui dit Vagues », assistez au débat du « Prix Marseillais du Polar », animé par le

critique Hubert Artus(LCI, Virgin Mag, Rue 89, etc.). Ce sera l’occasion de voir un auteur récompensé

par le jury de lecteurs 2007.

- 14h sur la scène du Cours-Julien : remise officielle du « Prix Marseillais du Polar » à son lauréat, prix

doté d’une somme de 1500 euros par la MGM (Mutuelle Générale Méditerranéenne).

- Sous le parrainage de Jean-Christophe Duchon-Doris, lauréat 2006, ouverture du salon, avec 50 auteurs

présents, Français et étrangers, en rencontre-dédicaces.

- 15h à « La Baleine qui dit Vagues », projection du film « Mon colonel » (de Laurent Herbier, coscénarisé

par Costa-Gavras d’après le roman homonyme de Fred Zamponi), suivie d'un débat en

présence de l’auteur.

e édition, ce rendez-vous, qui réunit auteurs et amateurs de polars de tous horizons, s’enrichit

----

Les auteurs présents

Gilles Ascaride / Henri-Frédéric Blanc / Alain Bron / Jean-Pierre Ceccaldi / Alexandre Clément / Jean

Contrucci / Patrick Coulomb / Thierry Criffo / Jean D’Aillon / Jean-Paul Delfino / Gilles Del Pappas

/ Olivier Descosse /Michel de Roy / Jean-Christophe Duchon-Doris / Roger Facon /Franz-Olivier

Fogiel (sous réserve) /André Fortin /Georges Foveau / René Frégni / Karine Giebel / Maurice

Gouiran / Eric Hossan / Michel Jacquet / Bruno Leydet / Jean-Luc Luciani / Juan Hernandez Luna /

Michel Martin-Roland / Franck Membribe / Eduardo Monteverde / Maureen O’Brien / Jean-Pierre

Orsi / Gilda Piersanti / Xavier Pivano / Alain Pucciarelli / Serge Quadruppani / Serge Yves Ruquet /

Sanz & Nico / Jean-Claude Schineizer/ Serge Scotto / Noël Simsolo / Romain Slocombe / Marc

Spaccesi / Eric Stoffel / Anne-Laure Thieblemont / François Thomazeau / Joachim Sebastiano Valdez

/ Jacques Vallet / Thierry Vieille / Lalie Walker / Fred Zamponi / Zolma

Le plateau des auteurs présents est complété par une table ouverte aux fanzines et à la presse alternative

régionale (

Les « Terrasses du Polar » sont réalisées en collaboration avec « L’écrit du sud » et le « Centre Culturel

Méditerranéen »".

Marseille La Cité, Le Ravi, etc.)

serge scotto aux « terrasses » - photo EDS

La semaine noire et la Friche la Belle de Mai

…de Didier Daeninckx à Noel Simsolo, avant bien d’autres, certainement, en

passant par Jean-Pierre Mocky et, sans doute, quelques autres aussi…

Après Didier Daeninckx l’an dernier, la Friche, l’Ecrit du Sud et « les Ecaillers » s’associent à

nouveau pour une résidence d’auteur de « roman noir » en invitant à Marseille Noël Simsolo.

Ainsi, la «Maison des projets d’auteurs » de la Friche s’invente peu à peu et voit se succéder en ses

espaces des auteurs poursuivant des projets, invités par des partenaires résidents ou pas, comme

autant de situations où s’explorent des formes de l’écriture dans diverses propositions littéraires,

dramatiques, musicales ou multimédia.

Quant à Noël Simsolo, qui croisera dans sa résidence des auteurs Mexicains Eduardo Monteverde et

Juan Hernandez Luna, il est peut-être plus connu comme critique et historien du cinéma que comme

auteur de romans policiers bien qu’il ait déjà publié douze volumes chez des éditeurs célèbres. Il est

vrai aussi que les parentés entre le Roman noir et le Cinéma sont nombreuses, thématiques (la ville,

le bien et le mal) ou stylistiques (flash back, montage « en cut »).

Cette double passion est en tout cas revendiquée par Noël Simsolo puisqu’il nous a demandé

d’organiser une soirée de cinéma en invitant un de ses amis, Jean-Pierre Mocky, à venir à la Friche

présenter avec lui un de ses films qui l’a particulièrement intéressé. Il s’agit d’un film long métrage,

moins connu et auquel Noël Simsolo souhaite rendre un hommage qu’il juge mérité.

La joie d’inviter Jean-Pierre Mocky à la Friche, ce qui, évidemment, ne nous a pas fait hésiter une

seconde, ne peut se retrouver que dans cette jubilation éprouvée quand le cinéaste et ses films nous

vengent de toutes ces bêtises du Monde. Dans ses petits mondes où les méchants et les gentils se

ressemblent beaucoup, la bêtise triomphe souvent, mais le plus souvent aux dépens de ceux qui ont

cru qu’ils pourraient jouer aux grands, sans même comprendre leur mécanique.

Ce sont ces petits escrocs qui nous ressemblent beaucoup, aussi stupides et trouillards, mesquins,

bêtes et conformistes, à peine moins que leurs victimes, et magistralement interprétés par tous ces

acteurs formidables qui ont croisé la route de Mocky, parmi lesquels, bien sûr, Michel Serrault, mais

aussi Jeanne Moreau, Michel Galabru, EddyMitchell et bien d’autres.

Il n’est pas facile de voir un film de Mocky dans un cinéma à Marseille. Mocky en est peut-être un

peu responsable, lui qui prétend qu’il n’a pas de public à Marseille. Je suis sûr que nous allons lui

offrir la preuve du contraire, ce 27 septembre 2007, pour cette soirée qui est déjà pour moi comme

un véritable cadeau.

Philippe Foulquié

Directeur de la Friche La Belle de Mai

Rendez-vous publics de la « semaine noire » à la Friche :

Jeudi 27/09 à 20h30

Jean-Pierre Mocky,

Projection suivie d’une rencontre avec le public

: Carte blanche cinéma de Nöel Simosolo avec la projection à la Friche de “La Bête de Miséricorde” (2001) deAvec Jackie Berroyer, Bernard Menez, Jean-Pierre Mocky, Patricia Barzyken présence du réalisateur. Tarif : 5 euros.

Vendredi 28/09 à 18h30

animée par Jacques Aubergy (de la librairie L’Ecailler à Marseille et créateur du prix Antonin Artaud à Mexico). Entrée libre.

: rencontre publique/débat avec les auteurs mexicains au restaurant « Les grandes Tables de la Friche »,

La « Semaine Noire »

une présentation aléatoire

Pendant la dernière partie du mois de septembre, plus qu’à tout autre moment de

l’année, Marseille va cette année à nouveau s’adonner au roman noir. Un

septembre noir

voulu par L’écrit du Sud, la Friche Belle de Mai, et soutenu par L’écailler, la BMVR Alcazar,

et tous ceux qui voudront bien participer à l’avenir à ce moment rock’n’roll.

note sur une résidence

La volonté d'organiser une résidence d'auteur date de plusieurs années. Mise en place en

2006 par la Friche et l'association L'écrit du Sud, cette résidence répond pour l'association

au désir de conserver au polar et au roman noir leur caractère populaire. Aussi n'est-il pas

demandé à l'auteur en résidence de rester dans une tour d'ivoire (en la circonstance la

« Villa » de la Friche Belle de Mai, volontiers surnommée « Villa Izzo » par les uns ou « Maison

Sébastien Japrisot » par les autres) mais au contraire de participer à diverses activités

publiques, ou semi-publiques. Pour Didier Daeninckx, en 2006, venir à Marseille

correspondait à un travail de recherche à effectuer dans les archives de la ville, pour Noël

Simsolo, en résidence cette année, il s'agit davantage de creuser un sillon, celui des

rapports qui se sont petit à petit tissés entre le nord de la France (la région lilloise) et le sud

(la région marseillaise). Auteur de nombreux ouvrages (cf. biographie jointe), Noël Simsolo

a publié chez l'éditeur marseillais L'écailler deux polars lillois dans la collection « L'écailler du

Nord », tellement lillois qu'ils portent chacun pour titre un nom de quartier ou de rue de la

capitale du Nord: « Wazemmes » pour le premier, « Rue de la clef » pour le second; en

attendant que se boucle cette trilogie ou que se poursuive cette série, selon ce qu'il en

sera de la poursuite du travail de l'auteur.

Cette résidence qu'ils ont voulu presque informelle, ses organisateurs veulent la placer sous

le signe avant tout de la convivialité. Aussi sera-t-elle prétexte à plusieurs repas pris

ensemble, un auteur « étranger » mêlant sa gouaille à la faconde des auteurs locaux qui

viendront à sa rencontre. La résidence s’achèvera d'ailleurs par une soirée qui doit

permettre à l'invité de faire goûter des spécialités de sa région aux hommes et femmes de

lettres méridionaux. On s'éloigne bien, penseront certains, d'un travail sérieux de résidence.

Pourtant, qu'est ce que la lecture sinon un échange entre un écrivain (un

même tenté de spécifier) et des lecteurs (ou des

alchimie se crée entre un cuisinier et ses convives, la magie des mots est une

métaphysique qui nourrit l'esprit lorsqu'un auteur et des lecteurs se trouvent en harmonie.

Au demeurant, la cuisine est très présente dans le roman noir, méditerranéen et récent en

particulier (Montalban, Izzo, évidemment) mais chez bien d'autres auteurs, connus ou

moins connus, sudistes ou non-sudistes, dont les héros expriment leur quintessence à travers

les ambiances qu'ils traversent : bistrot parigot ou pizzeria marseillaise, l'équation littéraire

n'est pas si différente. Et Noël Simsolo (les lecteurs de "Rue de la clef" le découvriront bien

vite) n'échappe pas à ce tropisme du verre et de l'assiette.

Mais, que Dieu me court-bouillonne, la table n'est pas le seul prétexte à cette résidence.

Puisqu'il est question d'échange, le public bien entendu sera convié à rencontrer Noël

Simsolo à plusieurs reprises : au cours d'une conférence à la BMVR Alcazar le samedi 29

septembre à 17h, au cours des « Terrasses du Polar » le même samedi (mais le soir) à

Septèmes, puis le dimanche après-midi sur le cours Julien à Marseille. Enfin, Noël Simsolo,

puisque c'est d'échanges multiples qu'il s'agit, a aussi invité son ami Jean-Pierre Mocky à

venir présenter un film à la Friche et converser avec lui et tous ceux que cela intéresse, le

jeudi soir, 26 septembre, à la salle de la Cartonnerie.

Mais s'il n'y avait que cela. Echange encore et toujours. Comme dans tout port qui se

respecte. Et Marseille, le répètera-t-on jamais assez, inlassablement, est le plus vieux port de

France, le plus important, un des plus vieux de la Méditerranée, et toujours le plus

important, un lieu où « de toute éternité » se croisent les hommes, certains s'y enracinant,

d'autres n'utilisant le port que pour ce qu'il est aussi : un point de transit, une étape vers un

autre ailleurs, une ramification sur un chemin d'espoir ou de déroute. L'auteur en résidence

fera donc des rencontres dignes d'un port. Il n'y croisera pas que des Marseillais, il y croisera

le monde. En la circonstance, ce sont des écrivains mexicains qui seront au rendez-vous du

monde, de Noël Simsolo, et des lecteurs marseillais. Et c'est la suite de cette histoire.

écrivant serait-onlisant). De la même manière qu'une

note sur un « jumelage noir »

En 2006 est née aussi une autre manifestation initiée par L'écrit du Sud. A celle-ci aussi la

Friche Belle-de-Mai a largement contribué, ainsi que le British Council, et beaucoup de

bonnes volontés locales et extérieures. Cette manifestation-là a pris le nom de « Jumelage

Noir », car il s'agissait de faire venir deux ou trois auteurs d'une ville étrangère à Marseille, et

en contrepartie, d'envoyer deux ou trois auteurs marseillais dans cette ville-là. La première

ville fut la cité écossaise de Glasgow, dignement représentée par Suhayl Saadi, Jonathan

Charley, accompagnés d'un universitaire écossais vivant en France, Keith Dixon. Le modèle

2007 est bâti sur le même principe : deux auteurs « chilangos », de Mexico, Juan Hernandez

Luna et Eduardo Monteverde, et un universitaire « mexicaniste » vivant en France,

Sébastien Rutes.

La réciprocité étant une chose toujours délicate à équilibrer, aucun auteur marseillais ne

s'est encore rendu à Glasgow, alors que plusieurs, à d'autres occasions similaires, sont déjà

allés à Mexico.

Le « Jumelage Noir » ne se veut pas formel, il se veut occasion là encore de donner à se

connaître les uns les autres, et de donner à connaître notre ville un peu mieux ici et là,

parmi les citoyens de la planète des lettres à travers le monde. Informel encore, dira-t-on,

mais c'est cette absence de formalisme qui a permis à Paco Ignacio Taïbo II d'être à

Marseille le soir de la Coupe de France de football et de dédicacer ses livres en mai

dernier à la librairie L'écailler, c'est cette absence de formalisme qui permet de tisser des

liens, d'approfondir des amitiés, de créer un tissu d'auteurs pour qui Marseille deviendra un

point de chute nécessaire, un port où les marchandises échangées ne sont pas que du

pétrole et du vrac, mais aussi des paroles, des réflexions, des engagements humains. Le

souhait, l'idée, la volonté, est de faire entendre, aux Marseillais peut-être encore plus

qu'aux autres, l'évidence que cette ville est une ville-monde qui n'a rien à envier à aucune

autre, rien à renier, rien de plus non plus à espérer, car elle est déjà riche de sa substance

humaine, forte de ses convictions millénaires. Il est juste utile sans doute de mettre l'accent

sur cette évidence, que Marseille est une ville « noire », un de ces « ports de l'angoisse »

comme l'aurait dit Howard Hawks, où des Bogart et des Bacall aussi vrais que les vrais

tissent chaque jour le maillage d'un territoire formidable où l'amour et la mort se mêlent

avec défi. Il n'est souvent pas besoin de l'expliquer longtemps aux étrangers, c'est bien plus

souvent nous-mêmes que nous devons convaincre de notre propre authenticité, de notre

propre valeur.

Si ce « Jumelage Noir » permet, année après année, de faire entrer un peu plus Marseille

dans la République mondiale des lettres, non pas celle du 6ème arrondissement parisien,

mais celle des entrelacs mexicains de Taïbo, celle des ravages jamaïcains de Russel Banks,

celles des magouilles australiennes de Shane Maloney, celle des faux-semblants meurtriers

de la Floride de Hiaasen et Willeford, celle de la noire profondeur anglaise de David Peace

ou de la lumineuse dureté sicilienne de Leonardo Sciascia ou Andrea Camilleri, alors L'écrit

du Sud aura gagné son pari. Quant au lecteur marseillais, le Mexique vient ainsi à lui, à

travers deux rencontres débats qui seront organisées durant cette « Semaine Noire », l'une

à la Friche le vendredi 28 septembre, l'autre hors la Friche le jeudi 27. Sauf erreur de l'auteur

de ces lignes ou modification de dernière minute.

Mais il y a autre chose encore. A quoi cela servirait-il de vous parler d'échange et de

commerce d'idées si l'on se cantonnait à quelques individus que l'on pourrait penser triés

sur le volet. Les rencontres se doivent aussi d'être le fruit du hasard. C'est bien pour cela

qu'il faut les multiplier. Et c'est ainsi que se termine cette histoire.

note sur les "Terrasses du Polar" et deux projections en avant-première

Cette fois l'affaire est plus ancienne. Elle a six, sept ans, selon comment on compte.

Initialement L'écrit du Sud n'y est pour rien, la Friche pour l'instant ne contemple cela que

de loin. Les « Terrasses du Polar » sont l'invention d'un auteur, Serge Scotto, qui a voulu réunir

dans un territoire qu'il connaît bien, durant le moment privilégié d'une fête, autant

d'auteurs de polar que possible, invités à dédicacer leurs livres. Invités même à concourir

pour un « Prix ». Ainsi chaque année (et pour la deuxième fois avec la participation active

de L'écrit du sud) c'est sur le cours Julien, durant la « Fête du Plateau », que Serge Scotto

réunit le ban et l'arrière-ban des auteurs marseillais, français et régionaux. Ils sont quarante,

ils sont cinquante, alignés, bouquins rangés en ordre de bataille, prêts à en découdre avec

la curiosité des lecteurs. Commercialement, c'est une dédicace, une dédicace géante,

avec non pas deux non pas trois, mais des dizaines d'auteurs. Mais le moment et l'esprit du

lieu en font quelque chose en plus : un instant, évidemment, de rencontre. Personne n'est

plus facile à amadouer qu'un auteur lorsqu'il a décidé de sortir de derrière sa machine ou

son écran d'ordinateur. Et ce ne sont pas quelques tables de guinguois qui vont les

empêcher de s'emporter, de s'exposer, et sûrement aussi, de croiser le fer des mots avec

l'un ou avec l'une, jusqu'au bistrot du coin s'il le faut, pour parler de littérature, d'humour, de

bonne ou de mauvaise fortune. Cette année, c'est le dimanche après-midi, le 30

septembre, que Serge Scotto a réuni ses ouailles, mais attention, il y a un bis en forme de

prémisses, le samedi soir à Septèmes-les-Vallons.

Alors voilà, une résidence, un jumelage, des dédicaces et des rencontres, c'est déjà pas si

mal. La « Semaine Noire » cette année profite pourtant des circonstances pour en faire un

petit peu plus et aller voir avec vous jusqu'où les mots peuvent-ils se transformer en images.

Jean-Pierre Mocky sera là avec Noël Simsolo et l'un de ses films, vous le savez déjà, mais

l'image encore se présentera par deux fois, à propos de deux livres publiés par L'écailler et

dont la sortie coïncide avec cette période. Le premier a une longue histoire, celle d'un

auteur mystérieux, Franck Burns, qui après avoir envoyé un manuscrit à une maison

d'édition voisine de chez lui sembla s'être évanoui dans la nature. Les éditeurs le

cherchèrent un temps, puis abandonnèrent l'idée de publier son roman; entre-temps

l'histoire était arrivée aux oreilles d'une réalisatrice, Cathie Lévy, qui décida de creuser et

de peut-être en faire un film. Franck Burns parlait de meurtres dans le milieu de la cloche, à

Marseille, du côté de la gare Saint-Charles. Cathie Lévy décida de parler de Franck Burns,

et de le chercher lui alors que dans les livres on cherche souvent les meurtriers. Mais un

auteur n'en est-il pas un lorsqu'il tue ses personnages? Mois après mois, Cathie Lévy

organisa son scénario, filma le quartier, des Franck Burns possibles, des clochards, des

habitants. Elle trouva un producteur (les Films du Tambour de Soie) et le producteur trouva

un diffuseur. Six ans plus tard, le film, « A la recherche de Franck Burns », existe, il est

superbe, Arte le diffuse le 16 septembre au soir durant un « Thema » sur Marseille. Avec trois

heures d'avance, les Variétés le projettent, ce dimanche 16 septembre à 19h30, en

présence de Cathie Lévy, des éditeurs, du livre (« Social Killer ») et peut-être de l'auteur.

Mystère. Qui sait qui il est ni même s'il existe?

Dans un registre bien différent, deux autres réalisateurs, marseillais, Thierry Aguila et Philippe

Carrese (dont on ne présente plus la richesse en tant qu'auteur de polars) se sont penchés

sur un autre mystère : celui des « grands voyous », ces « parrains » qui hantent l'imaginaire

des « caves » et qui illustrent les colonnes des journaux. Du livre documentaire de Bruno

Aubry « Les parrains de la Côte » (éd. L'écailler également), Aguila et Carrese, produits par

Comic Strip et diffusés sur France 3 (à compter du 20 octobre), ont tiré un documentaire

de 6 fois 26 minutes, qui éclaire autant que faire se peut les vies mouvementées de

Carbone et Spirito, des frères Guérini, de Francis le Belge, Gaétan Zampa, Jacky le Mat et

Jean-Louis Fargette. Marseille la sombre, à la vision de ces films, contées par voix d'Olivier

Marchal, devient bien à l'évidence cette ville du polar où la réalité et la fiction ne font

qu'un, où les bandits inventent des scénarios que les auteurs n'auraient pas imaginés,

tandis que les auteurs donnent vie à des truands, vrais ou faux, qui sont autant de flèches

traversant notre société de part en part et nous permettant ainsi de la découvrir de

l'intérieur, par ses malaises et ses craintes, par sa chair et son âme.

La « Semaine Noire » se donnera une rallonge à une date et en un lieu à dévoiler plus tard

pour vous proposer ces Parrains en avant-première, avant la diffusion télévisée.

pour finir

La résidence et le jumelage, les dédicaces, les rencontres, rien de tout cela n'est

précisément au « centre » de Marseille, mais tous ces moments, toutes ces personnes, avec

vous, feront encore une fois le voyage vers le coeur d'un genre qui est le seul aujourd'hui à

prendre en considération la société sans préjugés, et même sans jugement; les bons et les

méchants, on sait qui ils sont à un instant donné, mais on ne sait jamais ce qu'ils deviennent

l'instant d'après, murés dans le silence de l'inconnu. La « Semaine Noire » n'a d'autre

ambition que de forger cette relation à l'aléatoire, pas d'autre désir que de tisser une

trame de mots autour de l'esprit de vie, pas d'autre certitude enfin, que de la rencontre

naissent la joie, la compassion et la force.

Patrick Coulomb,

pour L'écrit du Sud

les dates de la semaine noire 2007

dimanche 16 septembre

19h30 aux Variétés projection publique en avant-première de "A la recherche

de Franck Burns" de Cathie Levy, d'après "Social Killer" (éd. L’écailler). (Les

Variétés, 48, rue Vincent Scotto, 1

er, tel. 08 92 68 05 97.

dimanche 16 septembre

22h30 diffusion sur Arte de "A la recherche de Franck Burns".

jeudi 27 septembre 20h30 - soirée Simsolo-Mocky à la Friche Belle-de-Mai (41, rue Jobin, 3e, tel.

vendredi 28 septembre –

18h30 - Rencontre publique débat sur "Le roman noir au Mexique" avec les

auteurs mexicains, au restaurant de la Friche Belle-de-Mai.

samedi 29 septembre

17h - conférence Noël Simsolo à la BMVR Alcazar : « roman noir et film noir ».

(BMVR Alcazar, 58, cours Belsunce, 1

er, tel. 04 91 55 90 00.

samedi 29 septembre

en soirée - "Terrasses du Polar" - à Septèmes.

dimanche 30 septembre

après-midi - "Terrasses du Polar" à Marseille, cours Julien.

18h30 – one man show de Roger Facon, au Quai du Rire, 16-19, quai de

Rive-Neuve (7

--------------------------------------------------------------------------------------------------------

e) tel. 04 91 54 95 00.

L’ECRIT DU SUD - 41 rue Paradis - 13001 Marseille

contact -

semainenoire@club-internet.fr ou ecritdusud@club-internet.fr

Bruno Richard 06 09 18 00 11

librairie L’écailler – 2, rue Barbaroux – 1

er tel. 04 91 47 50 56 – 08 79 00 61 19

19h00 – au restaurant de la Friche de la Belle-deMai

Sébastien RUTES, spécialiste de l'oeuvre de Paco Ignaio TAIBO II et Christian ESTRADE, spécialiste de l'ouevre de Ricardo PIGLIA présenteront les livres de Juan HERNANDEZ LUNA et Eduardo MONTEVERDE parus dans la collection L'atinoir, en présence des 2 auteurs mexicains,

 

04 95 05 95 04 - salle Cartonnerie). Projection et débat.

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cours de FORRO et SAMBA

Ajouté le 25/09/2007 - Auteur : hélène

VENEZ DECOUVRIR LES DANSES BRESILIENNES
Tous les jeudis de 19h à 21h
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0664456262
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SPORTING CLUB de BONNEVEINE
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La Médiathèque d' Hispam en ligne !

Ajouté le 23/09/2007 - Auteur : jacko
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Plus de 4000 ouvrages en espagnol, en portugais en italien et en français et plus de 1000 auteurs italiens, espagnols, portugais, brésiliens, latino-américains et de l'Afrique lusophone.

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